Le Canyon de Colca

Jour 300 !

300 jours que nous sommes partis, ça passe… et ça passe tellement que nous voilà arrivés dans le dernier pays que nous allons découvrir (pendant ce voyage hein, vous vous doutez bien qu’on est pas prêts d’arrêter les vadrouilles). Notre bus de nuit nous fait passer la frontière (passage le plus rapide de tous ceux qu’on a fait) et après une pause de deux heures à Puno où on peut manger un morceau et regarder la première demi-finale de la Copa America, on repart pour la ville d’Arequipa. 

Notre bus arrive à 4h30 et… (attention, musique de suspense, question à 10000 soles)

A – On se rue dans un taxi pour aller à notre hôtel ? 

B – On trouve un endroit où prendre un petit déjeuner ? 

C – On attend dans la gare pour prendre un autre bus plus tard dans la matinée ?

D – La réponse D

(Roulement de tambour, suspense insoutenable, suite de notre journée)

Réponse C ! On se pose donc dans la gare et on attend jusqu’à 9h30 pour prendre un autre bus jusqu’à Cabanaconde, ville depuis laquelle on va explorer le Canyon de Colca. 

A la gare, on rencontre Corentin et Sarah, un couple de suisses (encore ! Mais, fun fact ils sont de la famille des suisses qu’on a rencontré à Copacabana, le monde est tout petit). En réalité, ça fait plusieurs jours qu’on discute par messages et qu’ils nous donnent des tonnes d’infos sur l’organisation pour se balader dans le canyon et partir ensemble à sa découverte. 

On part donc pour 6-7 nouvelles heures de bus (ajoutées aux 4h de Copacabana à Puno et aux 7h de Puno à Arequipa ca commence à faire beaucoup pour nous). 

On alterne entre des siestes et des discussions avec nos deux nouveaux copains et on finit enfin par arriver. Après un petit tour dans la village on trouve un hôtel qui défie toute concurrence en terme de tarifs et on s’installe pour se poser enfin. Une douche, la préparation des sacs et un peu de glande sur internet et il est déjà l’heure de manger. 

On part dans l’idée de se faire une grosse pizza avant notre départ en trek mais le restaurant où nous sommes est à court, on mange quand même très bien et on se délecte de l’ambiance ultra marrante du restaurant. C’est la 1/2 finale de la Copa America, le Pérou joue contre le Chili (son meilleur ennemi) et les serveurs sont très occupés à regarder la télé et à s’enflammer dès qu’un péruvien entre dans la moitié de terrain adverse. On part à la mi-temps sur un score de 2-0 pour le Pérou (autant dire que l’ambiance est bonne). Score final 3-0, on va pouvoir regarder la finale dans quelques jours avec des gens très très motivés. 


Jour 301 : Descente dans le canyon de Colca

On est motivé, les sacs sont prêts, on s’est fait péter le bide avec un petit déjeuner de fou et après avoir récupéré quelques informations auprès de notre hôte, on part dans la descente du Canyon de Colca. On paye notre billet d’entrée, et après quelques minutes de marche on tombe sur 3 français posés à point de vue superbe. Ils nous conseillent de rester un peu car ils ont vu des condors. On attend à peine une minute et commence alors l’un des spectacles les plus majestueux qu’on ait vu. 

Un premier condor arrive, vole au loin, prend les courants chauds, plane et disparaît. On est ultra content mais ce n’était que le début, le condor réapparaît et vole dans notre direction, il passe à peine à 2m au dessus de l’endroit où nous sommes dans un svooooooooouch très impressionnant. Il est rejoint par un autre oiseau et on reste un peu stupéfait face au balai aérien des oiseaux. 

On repart et à peine 3minutes plus tard, Sarah repère le promontoire où les oiseaux se posent. On repart pour un bon moment d’observation avec pas moins de 6 condors dans le viseur, dont deux jeunes de déjà facilement 2m d’envergures. 

Cette fois ci on se remet vraiment en route et on attaque la descente de 1000m qui nous mènera à Llahuar notre étape pour dormir. La descente est parfois facile parfois un peu galère avec des petits cailloux qui roule sous les chaussures et nous font faire quelques dérapages plus ou moins contrôlés. 

On marche plutôt tranquillement, on est légèrement plus rapide que nos copains suisses donc on part un peu en éclaireur devant et on se rejoint dès qu’on trouve un peu d’ombre. Il faut avouer qu’il fait une chaleur à crever et qu’il n’y a pas beaucoup d’ombre. On enchaine les mises de crème solaire intensive, l’hydratation et la recherche de petits courants d’air mais ce n’est pas fameux. 

La fin du trajet est un peu difficile et on en a plein les pattes quand on arrive enfin à Llahuar. On se prend une chambre, on attend nos copains suisses et on se commande un bon repas pour se remettre de nos émotions. 

La petite particularité de Llahuar est la présence de sources chaudes et de petites piscines accessibles depuis notre hôtel. On y passe 2 bonnes heures et on ressort tout fripés mais les muscles bien détendus après notre belle journée de marche. 


Jour 302 : Villages et paysages de fou

Nous pensions faire une petite journée tranquille et on ne pouvait pas être plus loin de la réalité que ça ! On se lève assez tôt car on doit avoir rejoint la route principale avant 8h pour prendre le minibus qui nous emmènera à Malata, point de départ de notre marche du jour. 

On range toute nos affaires, on déjeune rapidement et on attaque la première grosse montée de la journée. On est finalement assez rapide et on arrive à « l’arrêt de bus » vers 7h30. On attend un bon moment et on est rejoint par une famille de lyonnais qui voyage avec ses deux filles de presque 7ans et 10ans et qui va faire le même trajet que nous aujourd’hui. 

On attend, on attend et on voit le minibus sur la crête en face qui avance bien doucement dans notre direction, quand il arrive, il est plein à craquer et ne s’arrête même pas. On est un peu désemparé mais on nous dit (des locaux qui ont l’air à peu près renseignés) qu’un autre bus, plus grand, devrait passer un peu plus tard. Ce « devrait » nous stresse un peu car on n’a pas envie de marcher sous la chaleur et qu’on a aucune certitude. 

Finalement, on choisit de demander à un mec du village qui a un pickup de nous emmener au village de Malata. Après force de négociations sur le prix, avec le vrai bus dans le viseur sur la crête d’en face, on finit par se charger à l’arrière de la voiture pour un trajet riche en bosses et nid-de-poule. Une trentaine de minutes plus tard nous sommes dans le village et on part, à pied sur la route des autres petits villages du coin. 

On commence par rejoindre la bourgade de Cosñirhua, plutôt mignonne et on poursuit vers Puqio, un village beaucoup plus haut dans le canyon. C’est notre deuxième grosse montée du jour, des deux petites lyonnaises tracent leur route sans râler et à un rythme supérieur au notre, ce qui nous force à monter sans (trop) nous plaindre (pour Pauline principalement). Le village est super mignon, très fleuri et cactusé (oui, on invente des mots, et alors ?). On le traverse et après une petite descente de l’angoisse on est de nouveau sur la route principale. 

On n’y reste pas bien longtemps puisqu’on reprend les petits chemins de traverse pour aller à San Juan de Chuccho, village où on est accueilli par une petite harmonie qui joue pour fêter le canyon. Ça fait partie des trucs qu’on adore en Amérique du Sud, toutes les occasions sont bonnes pour célébrer un truc et le faire en musique. On les suit un peu et on continue à marcher sur un bon rythme car il nous reste encore beaucoup de route. 

On se faire une très grosse descente jusqu’au Rio Colca, le fleuve, qui ressemble plus à une petite rivière à cet endroit du canyon. On profite d’une petite pause à l’ombre pour manger un peu, en mettant en commun le reste de nos provisions avec nos copains Corentin et Sarah et en récupérant un peu les restes de la petite famille lyonnaise qui continue de nous précéder et qui a prévu un vrai picnic (et oui, visiblement quand on est parents, on anticipe un peu plus ce genre de truc). 

On repart pour une nouvelle montée, et oui, il faut bien sortir du lit de la rivière, on est content d’avoir manger un peu parce que l’effort est quand même assez intense. On enchaine les montées, les descentes, on commence à en avoir plein les pattes (tous les 4) et la fin de la journée de marche est très éprouvante. Point positif : il y a plus de ombre que la veille et la paysage est beaucoup plus vert : cactus, aloe verra, palmiers, la végétation est luxuriante et magnifique. 

Notre approche de l’Oasis de Sangalle est sublime : le canyon, le fleuve, les petites cascades, l’eau turquoise et les palmiers, on est conquis. On avance le plus vite possible pour enfin rejoindre cette tâche verte dans le canyon et quand on arrive, on choisit le premier hôtel sur lequel on tombe (celui avec la grande piscine qu’on a vu quasi tout le long de la descente) et le temps qu’on s’installé, Sarah et Corentin arrive, tout le monde se met en maillot et on se trempe dans l’eau fraîche de la piscine pour se remettre de cette dure journée. 

Vous voyez ce zig-zag sur la montagne ? Et ben c’est le chemin du retour

Le soleil se cache assez vite et on passe la fin de journée à trier les photos, jouer au carte et dépérir de fatigue. On dîne rapidement et on se couche tôt car la journée du lendemain s’annonce rude. 


Jour 303 : La montée de la mort

Lever autour de 5h, aujourd’hui on sort du canyon et pour ça, il va nous falloir remonter la route en petits serpentins que l’on a aperçu plusieurs fois depuis notre départ et qui ne nous fait pas franchement rêver. 

On commence à marcher à 5h37 très exactement et on attaque cette route extrêmement pentue (4,1 km, 1070m de montée) à la frontale. Coco (oui, au bout de trois jours on a le droit de l’appeler Coco) et Sarah nous suivent puis nous dépassent alors que la route s’élève. On est aussi doublé par des gros fainéants qui remontent à dos d’ânes (les pauvres bêtes), vu la largeur de la route et la pente, ça doit quand même pas être ultra stable mais vu que nous on marche et que le soleil fait sont apparition pour nous rajouter une petite contrainte «  chaleur », on ne va pas les plaindre. 

On passe plusieurs points de vue, on redouble nos copains suisses et l’effort est de plus en plus intense. La route est à moitié de la piste en sable et à moitié des saloperies d’escaliers très irréguliers. 

On arrive néanmoins au sommet, épuisés, en 2h40, ce qui est une belle performance et nos compagnons d’aventure nous rejoignent tout pile 20min après. On se pose un peu et on rejoint le village en une bonne dizaine de minute de PLAT ! On se refait un petit déjeuner de folie, bien mérité au vu des efforts consentis ce matin. 

On récupère nos affaires laissés à l’hôtel, on récupère un peu de wifi (#internetaddict) et on va prendre nos billets de bus pour rentrer à Arequipa. Le trajet est ultra long, on en voit plus le bout. Arrivés à Arequipa, on dit aurevoir à Coco et Sarah (mais pas pour très longtemps puisqu’on devrait se retrouver à Cusco dans quelques jours !)


Bilan du trek du Canyon de Colca

Absolument superbe ! Les trois journées nous ont permis de voir des paysages variés magnifiques (petite préférence pour le 2ème jour et l’arrivée à l’Oasis de Sangalle). Les chemins sont tout de même assez difficiles, on a enchaîné les montées et les descentes, parfois éprouvantes pour les genoux. Chapeau bas à Simon et Corentin qui ont porté les gros sacs pendant 3 jours (allégés mais quand même), à Sarah qui a super bien marché malgré un genou capricieux et des ampoules énormes et à Pauline qui n’a quasiment pas râlé (et qui n’avait pas de handicap particulier). 


👟 Les infos trek 👟

Au total, une trentaine de kilomètres et environ 2500m de dénivelé dans chaque sens

Jour 1 : Cabanaconde – Llahuar

Une grosse dizaine de kilomètre, 1000m de descente dans le canyon. On a mis 5h mais on a pas mal traîné, fait beaucoup d’arrêts et passé une grosse vingtaine de minutes à observer les condors. Il faut entre 3h30 et 4h30 pour faire le trajet normalement. Les bâtons de marche sont un plus pour la descente qui pique un peu les genoux. 

Jour 2 : Llahuar – Malata (en pick-up). Malata – Puqio – San Juan de Chuccho – Oasis de Sangalle

Une autre fois dizaine de kilomètre, beaucoup de dénivelé dans les deux sens, vraiment fatiguant mais plus d’ombre sur le trajet, 5h pour nous avec pas mal de pauses + 30min de trajet en pick up jusqu’à Malata. 

Jour 3 : Oasis de Sangalle – Cabanaconde

5km et demi, 1100m de montée, 2h40 pour nous avec quelques pauses mais pas tant que ça, vraiment fatiguant, comptez entre 2h30 et 3h30. Il faut partir tôt pour ne pas trop marcher au soleil et si vous voulez rejoindre Arequipa dans la journée. 

Infos subsidiaires :

Tout coûte plus cher dans le canyon, prenez de l’eau et des pastilles désinfectantes

Maillots de bain indispensables pour se relaxer dans les bains chauds ou les piscines 

Prenez de la crème solaire, des chapeaux et des vêtements légers 

Les bâtons de marche sont un plus à nos yeux (surtout à ceux de Pauline)

Trouvez vous des copains, c’est plus rigolo à plusieurs !


🔍 Les infos pratiques des Petits Pédestres 🔎

Transport : Copacabana-Arequipa : 150b par personne, 4h jusqu’à Puno, 2h d’attente, 6-7h jusqu’au Arequipa, compagnie Tranzsela

Arequipa-Cabanaconde : 18s par personne, 6h30-7h, compagnie Andalucia, départ soit dans la nuit à 3h du matin soit à 9h30 soit plus tard dans l’après midi

Cabanaconde-Arequipa : 18s par personne, idem, compagnie Milagros, départ à 1h30 (idéal pour retourner à Arequipa et prendre un bus de nuit pour Cusco pour les plus forts)

Hébergement : 

Cabanaconde : Hôtel Terre del Fuego : 15s par personne dans une chambre familiale de 4 places (un lit double, deux lits simples), sbd privée, petit déjeuner pour 10s à côté (notre meilleur depuis bien longtemps), très bon wifi, pas de prises électriques dans la chambre. Possibilité de laisser les sacs pendant le trek. On vous conseille vivement cette auberge, le gérant est vraiment adorable. 

Llahuar : Llahuar Hotel : 20s par personne pour un dortoir de 4, sbd partagée, petit dejeuner à 10s par personne, wifi pas fou mais présent, prises électriques dans le restaurant. Confort sommaire. 

Menu pour 12s à midi, 25s le soir

Oasis de Sangalle : Hôtel Eden : 40s pour une chambre double, sbd partagée sans petit déjeuner, pas de wifi, super piscine (au soleil jusqu’à 15h), prises électriques dans le restaurant. Confort sommaire. 

Menu du soir à 15s

Restaurant :

À Cabanaconde : le Pachamama, super bon a des tarifs honnêtes (ils font hôtel à côté mais là les tarifs sont exhorbitants : 35s par personne en dortoir, 85s pour une chambre double avec sbd partagée)

Visites :

Entrée du Canyon 70s par personne (tickets vendus au départ, contrôle à l’arrivée du trek)

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