La Paz, capitale la plus haute du monde

Jour 293 : Le retour du souffle coupé 

On passe la nuit dans le bus et on arrive à La Paz vers 8h, un peu fatigués mais finalement pas tant que ça. Il faut dire qu’on avait un bus plutôt confortable et qu’on a pas eu (trop) froid. On rejoint notre hôtel qui nous file la chambre tout de suite, l’occasion pour nous de se poser un peu et d’aller petit déjeuner avant de partir explorer le centre ville. 

La Paz, c’est la plus haute capitale du monde, 3700m au garrot et elle est entièrement construite dans les montagnes. Ce qui veut dire ? Ce qui veut dire que toutes les rues sont en pente et qu’on retrouve notre essoufflement caractéristique de l’altitude dès qu’on monte des marches. Heureusement, l’effet se dissipe dès qu’on arrête notre effort, ce qui rend possible l’exploration de la vile à pieds. 

On commence par la place San Francisco et sa cathédrale (pas de photos à l’intérieur vous devrez vous contenter de notre description). La place est sympa, il y a un espèce d’artiste indien, avec coiffe, grelots aux pieds et plumes dans le dos, qui fait un petit spectacle et tout un tas de gens qui vendent au choix : des paquets de mouchoirs, des recharges de téléphone ou des choses à grignoter. 

L’intérieur de la cathédrale est très … chargé, comme souvent en Amérique du Sud, des immenses statues décorées, des dorures, tout est très tape à l’œil mais ça ne dérange pas le très grand nombre de fidèles qui prient leur sainteté préférée. 

On replonge dans le tumulte de la ville qui compte un nombre ahurissant de micros, les petits bus/taxis collectifs. Les rues sont étroites, en pente et pavées, ce qui entraînent un concert de klaxons et probablement d’insultes, on va pas se mentir. 

On essaye d’esquiver ce beau bazar en rejoignant quelques rues a peut près piétonnes (de toute façon, il n’y a pas toujours de trottoirs) et globalement, tout le monde cohabite a peut près ensemble. On va voir le marché des sorcières où se vendent diverses amulettes de protection, filtres d’on ne sait trop quoi et … fœtus de lama momifiés ! Un peu glauque mais très peu étendu, ce qui fait qu’on se retrouve assez rapidement entourés de boutiques de souvenirs, avec cette fois ci des lamas en peluches. 

Après un crochet par la poste (il est possible qu’on traine nos cartes postales du Chili depuis presque 3 semaines), on va voir la Plaza Murillo ou la-place-pleine-de-pigeons-degeu. C’est l’un des endroits les plus importants de la ville, souvent le théâtre de manifestations populaires voire d’affrontements. 

On se fait un petit plaisir (à 5€ par personne) avec un vrai repas au restaurant, deux entrées, un plat et un dessert franchement y’a rien à dire. Après ça, la fatigue commençant à peser, on fait une petite pause sieste à l’hôtel pour recharger les batteries (les nôtres et celle de nos téléphones). 

On repart dans l’après midi pour aller au Mirador Killi Killi qui offre un super panorama sur la ville. Mais ça se mérite ! La montée est un peu raide et on arrive plus en moins entiers (entre les marches, les esquives de micro qui passent en trombe et les chiens errants, on a évité bien des dangers). La vue sur la ville est néanmoins superbe et on se rend vraiment compte de la taille, tentaculaire, de la capitale. On se demande aussi qui a eu cette idée un peu folle d’installer une ville aussi haut et sur autant de pentes mais on va dire que c’est à l’avantage des locaux qui ont donc une hémoglobine de compétition. 

On rentre tranquillement, on fait quelques courses et on se repose de cette première grosse journée dans la capitale. 


Jour 294 : Le marché le plus … on ne trouve pas les mots !

Ce matin, direction El Alto, à 4100m d’altitude pour aller se balader dans le marché le plus fou où on n’a jamais mis les pieds. Pour le rejoindre, on prend les transports en commun et à La Paz, qui dit transport en commun dit … téléphérique ! 

L’organisation de la ville est tellement compliquée qu’il a été impossible d’implanter un métro et que le téléphérique s’est imposé comme le transport le plus efficace (en terme économique, écologique et de place) pour la ville. On retrouve le bruit caractéristique du ski, hors hiver à la montagne on n’a pas souvenir d’avoir pris un téléphérique dans notre vie, et on profite d’une vue folle sur la ville lors de notre montée. A noter que les stations sont de loin les endroits les plus propres de la ville ! 

On part ensuite à l’assaut (et c’est qu’à moitié une figure de style) du marché d’El Alto. Il a lieu les jeudis et les dimanches et c’est le deuxième plus grand marché d’Amérique du Sud. On dit ça comme ça mais on a jamais vu autant de bordel dans notre vie (et pourtant on est pas des pros du rangement, demandez à nos mamans). Oubliez tout ce qu’on vous a dit sur les autres marchés, c’est ici que l’on trouve de tout. Absolument tout. 

On va vous faire une petite liste, non exhaustive des trucs les plus surprenants qu’on ait vu, les uns à côté des autres. Boulons, volants de voitures, phares de voitures, fringues, carte mère d’ordinateurs, cassettes audios (on ne pensait pas que ça existait encore), vendeur de protections hygiéniques (uniquement), vendeurs de brosses à dents (là aussi, mono produits), tubes citratés de prélèvements sanguins, sondes urinaires, marmites en fonte, chaussures de rando, poussettes… on s’arrête là parce que la liste pourrait durer des jours. 

On a noté plusieurs parties dans ce marché, le côté « professionnel » avec les pièces de bagnoles, les fringues, les « mono-produits » (rasoirs, tournevis ou culottes) et quelques rares étals de fruits et le côté « bordel » qui ressemblait plus à un vide grenier géant. Des vieux téléphones, des manettes de PlayStation, des chaussures déjà portées, des livres (parfois en français), des boulons, téléphones aux écrans fracassés .. et là aussi la liste pourrait durer des heures. 

On a marché presque 3km dans chaque sens sans sortir du marché, avec un passage un peu anxiogène où une dizaine de boliviennes ont essayé de nous attirer dans leur bouiboui pour qu’on mange avant de se retrouver au milieu des vendeuses de fringues qui hurlaient des « Niñaaaaaaaaas, 10 años, Niñaaaaaaaaas, 11 años, … » probablement la taille des fringues. 

On ressort de là un peu fatigués par l’agitation et assez surpris de ne pas avoir vu de partie alimentaire dans cet immense fatras, peut être n’avons nous tout simplement pas été dans le coin bouffe, c’est fort possible vu la taille. 

On redescend et on va dans un autre marché, c’est le thème du jour, celui de Lanza pour manger. Là c’est beaucoup plus ordonné, la moitié des trucs sont fermés ça aide aussi, et on trouve tout un tas de petits comedors où les cuisinières nous alpaguent. On jette notre dévolu sur la plus persuasive (et celle qui a déjà deux touristes dans son estancot) et on mange un menu entrée/plat pour moins de 2€ par personne, tellement copieux qu’il nous servira aussi de repas du soir la gentille dame nous ayant donné un petit doggybag. 

On retourne se poser un peu à l’hotel, on profite que ce soit le bon moment pour un petit Skype avec la famille et on s’estime heureux de ne pas avoir les plus de 40° de la canicule française, courage à vous si vous avez chaud, nous on a 20° et on est bien. 

On fait un petit tour dans la Calle Jaèn, LA rue coloniale de La Paz, restaurée et franchement charmante. On passe notre tour sur les petits musées qu’elle abrite pour juste profiter de la balade.

Notre mission de l’après midi est beaucoup plus tranquille : trouver une boutique de souvenirs et se venger de 10 mois de disette en faisant beaucoup d’emplettes. Bon on a pas fait un grosse razzia parce qu’on doit quand même porter tout ça dans nos sacs mais ça nous a fait du bien de jouer aux touristes pour un moment et de renouer avec les plaisirs de la négociations lors des achats. Et vu le total, on a bien fait !


Jour 295 : Dernier jour à La Paz

On sort un peu de la ville en direction de la vallée de la Lune (encore une !), proche de la capitale. Il y a 13km et vu la circulation dans le centre, on met une bonne heure à les faire. Pas grave, il y a plein de choses à regarder par les fenêtres et la porte ouverte du bus, le trajet passe super vite. 

La vallée de la Lune c’est une formation rocheuse assez surprenante, avec un petit air de Brice Canyon. Des colonnes de pierre, un canyon dans la roche et surtout, une route goudronnée en plein milieu ! C’est très bizarre de voir ce genre de mini parc naturel aussi près d’une zone urbaine, les maisons sont quasiment construites sur les flancs des rochers. 

On se marre bien en voyant le petit délire Star Wars du parc avec vaisseaux de l’Empire et chasseurs rebelles dans le décor. C’est vrai qu’on pourrait être sur une planète de la saga. 

L’après midi est consacrée à la préparation de notre trek des 3 prochains jours : El Choro (vous allez voir, c’est pas si simple). On s’arrange déjà avec l’hôtel pour réserver la nuit de notre retour et laisser les affaires dont nous n’auront pas besoin puis on va faire des courses. On achète tout ce qu’il nous faut pour tous les repas du trek (visiblement il n’y a pas trop d’approvisionnement sur le chemin) et au vu du volume et du poids on se dit qu’on ne devrait pas mourrir de faim. 

On file ensuite dans une boutique improbable pour louer un équipement de camping complet : tente, deux matelas et deux duvets. On y était passé la veille et c’est toujours le même bazar à l’intérieur. On récupère tout ce qu’il nous faut, on paye. Juste avant de partir, on se rappelle que la personne qu’on a vu le jour précédent nous a dit qu’un autre couple part le même jour que nous, on veut donc demander leur numéro pour essayer de diviser les frais jusqu’à La Cumbre point de départ du trek. On ne sait pas si on a eu une bonne idée de demander ou si on aurait mieux fait de partir directement mais le mec de la veille nous fout les jetons comme pas permis. Il y a eu un meurtre dans les environs de Coroico (point d’arrivé du trek), s’en sont suivies des émeutes et des barrages routiers. Bref, si on part, on n’est pas sur de revenir (facilement). 

On sait que le climat social en Bolivie est ultra tendu, que les affrontements population/police-armée peuvent être très très violent et on ne sait absolument pas quoi faire. 

On réfléchit un moment, on essaye de trouver des articles de presse sur le sujet, on va voir des agences qui font la descente de la route de la mort à vélo pour se renseigner (le trajet retour part de Coroico pour eux aussi). Impossible d’avoir des informations fiables, on a promis à nos mamans qu’on serait prudents donc la mort dans l’âme (ou avec le seum international), on rend tout le matériel et on abandonne le projet de ce trek. 

On rentre complètement perdus et extrêmement déçus et on se demande aussi ce qu’on va faire de toute la nourriture qu’on a acheté. Bref, c’est certainement la plus grosse déception depuis notre départ, on fait contre mauvaise fortune bon cœur et on se dit que ça sera une raison de plus de revenir en Bolivie. 


Bilan de La Paz

C’est un peu difficile de faire le bilan car au moment où l’on écrit ces mots, la déception de pas pouvoir faire le trek d’El Choro est encore bien vive. On a néanmoins énormément apprécié cette ville, le côté bordélique des rues, les vendeurs de snacks/jus/merdouilles dans tous les coins, les micros qui klaxonnent en permanence …  c’est le genre d’ambiance qui nous plait beaucoup et qui nous rappelle l’Asie (on ne se refait pas hein). 


🔍 Les infos pratiques des Petits Pédestres 🔎

Transport : Sucre-La Paz : 125b par personne, 12h, compagnie TransCopacabana

Téléphérique : 3b le trajet par personne (attention, les correspondances nécessitent un nouveau tickets)

Hébergement : 

Hôtel Avenida : 105b pour une chambre lits jumeaux, sbd partagée (sanitaires pas franchement propre), petit déjeuner inclus, wifi correct. Plutôt bien placé, proche de la gare et de la place San Francisco 

Visites :

Vallée de la Lune : 15b par personne

Bus n°43 direction Massalla pour y aller (se prend place San Francisco), 2,5b par personne par trajet

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