Potosi, l’Eldorado de l’argent

Jour 287 : Jour férié à Potosi

On nous avait prévenu, aujourd’hui est férié, on n’a pas vraiment compris pourquoi mais ça avait l’air d’être en rapport avec une fête religieuse. Résultat, quasiment tout est fermé dans la ville. Potosi, c’est la ville de l’Argent. Il y a des mines, encore en activité, qui se visitent mais les conditions de travail des adultes (et possiblement enfants) à l’intérieur sont épouvantables et on a choisi de ne pas y aller.

On démarre tranquillement notre journée à midi et on part se balader dans la ville, pour tâter un peu l’ambiance. On est très surpris car c’est très beau, on sent énormément l’influence coloniale des espagnols et le cœur historique de la ville, autour de la place principale et de la cathédrale est super agréable. Petite précision, Potosi est à 4000m d’altitude et les rues sont quasiment toutes en pente, résultat, on souffle comme des bœufs dès qu’il nous faut monter un peu. 

Comme quasiment tout est fermé, on se rabat sur la seule chose ouverte aujourd’hui, le couvent des Carmélites de Santa Teresa. C’est une visite guidée obligatoire, en espagnol, donc on n’a pas compris grand chose mais le couvent est vraiment très beau. Il fut fondé en 1685 et quelques nonnes y vivent encore aujourd’hui. A l’époque, c’était un immense honneur pour les jeunes filles de bonne famille de rejoindre cet ordre (moyennement une belle donation de leur famille) et une fois entrées au couvent, elles disaient adieu à leurs parents de façon définitive. 

Honnêtement, la visite est un peu longue et on se pèle mais pour les passionnés d’art religieux ça doit être un énorme kif. Il y a beaucoup de pièces remplies de tableaux religieux, une superbe chapelle et deux cours intérieures pleines de plantes. On a particulièrement aimé la visite des cuisines avec les énormes bacholes en fonte et des espèces d’outres en peau de lama pour le transport des boissons. L’ordre des carmélites avait quand même pas l’air des plus funky, mais c’est peut être le cas pour toutes les communautés religieuses à cette époque là. La salle à manger est bien représentative de ce sentiment avec un crâne dans une assiette devant la place de la mère supérieure et une espèce de boîte dans laquelle une sœur lisait les Écritures pendant les repas. 

On ressort de là un peu rincés par les efforts qu’on a fait pour comprendre quelques informations et la longueur de la visite (y’en a un qui a passé son temps à râler, on vous laisse deviner lequel… c’est Simon). 

Le soir, on a la bonne surprise de recevoir un message de Victor et Julien, deux Nantais avec qui on a pris le bus d’Atacama à Uyuni, le bus d’Uyuni à Potosi et qu’on a croisé dans le Salar. A force de se suivre, on s’est dit que ça serait sympa d’aller boire un canon. On passe une soirée super cool, à parler de voyages (et ils ont une belle expérience en la matière !) et on finit même par manger ensemble. 


Jour 288 : Encore un jour férié à Potosi !

Deux d’affilé, ça ne nous était jamais arrivé ! Rebelote, cette fois-ci, c’est le solstice qui est en cause, tout est fermé donc on en profite pour glandouiller un peu (on adore faire ça, vous avez remarqué ?), faire la vidéo du Chili et retourner en ville pour faire le tour des façades des bâtiments coloniaux, vestiges de la domination espagnole. On voit de superbes choses et on apprécie beaucoup de se balader dans cette ville où toutes les rues sont pavées, hyper étroites et encombrées de voitures, deux roues, petits chariots qui vendent de jus de fruits ou des noix. On est assez surpris de voir qu’une grande partie des femmes portent la tenue traditionnelle : grande jupes, collants colorés, grande quantité de vestes et surtout la coiffure : deux longues tresses reliées entre elles et un chapeau à larges bords. Ça donne un petit côté désuet très charmant. 

On ressort en fin de journée pour essayer de voir quelques célébrations liées au solstice et au nouvel an andin mais visiblement tout se situe dans la partie basse de la ville. 


Jour 289 : Enfin, des choses ouvertes

On a décidé de rester un peu plus car on voulait absolument aller voir la Casa Nacional de la Moneda, réputée pour être Le meilleur musée d’Amérique latine, c’est dire !

La première maison de la monnaie avait été fondée en 1572 et sert maintenant à l’administration de la ville. La seconde, où se trouve le musée, a été construite entre 1753 et 1773. Elle est beaucoup plus grande que la première et a permis une exploitation plus intensive de l’argent. 

Là aussi, c’est une visite guidée obligatoire mais cette fois en Anglais, ouf ! On rejoint le tour qui a déjà commencé et on se rend compte qu’on a loupé la partie sur les tableaux religieux, imaginez notre déception (et surtout celle de Simon). 

Le musée est vraiment très bien fait et les explications correctes, la guide est pas géniale mais on en apprend quand même beaucoup sur la fabrication de la monnaie de Potosi qui fut utilisée partout dans le monde pour le commerce. 

Après avoir extrait l’argent des mines, il était fondu et façonné en lingots assez épais. Le roi d’Espagne fit venir de Toledo des immenses presses pour faciliter le travail (des esclaves), les lingots étaient donc affinés jusqu’à avoir l’épaisseur voulue pour les pièces puis découpés. 

On vous passe tous les détails mais le frappage des pièces se faisait d’abord à la main (sans aucune machine) ce qui donnait des pièces irrégulières sur lesquelles les gens prenaient des petits morceaux d’argent jusqu’à ce qu’il ne reste plus vraiment de pièces. Il fut alors décidé que toutes les pièces seraient rondes et frappées grâce à une machine pour plus d’uniformité. 

Sacré serrure !

Toutes ces machines fonctionnaient grâce aux hommes et aux animaux puis la modernité est arrivée et des machines à vapeur sont apparues puis des machines à électricité. 

La Casa de la Moneda est restée en activité après l’indépendance de la Bolivie mais la production des pièces a progressivement diminuée jusqu’à s’arrêter complètement dans les années 50. 

On termine cette visite super intéressante et on file à notre hôtel pour récupérer toutes nos affaires, sauter dans un taxi puis un bus en direction de notre prochaine étape : Sucre. 


Bilan de Potosi

On avait prévu d’y passer une seule journée et on en aura passé presque trois (si ce n’est pas férié, deux jours sont suffisants pour voir l’essentiel). La ville est très sympa et il est très agréable d’y flâner malgré l’essoufflement. Cette étape plus légère nous aura permis de prendre un peu de repos après nos grosses journées à Uyuni. 


🔍 Les infos pratiques des Petits Pédestres 🔎

Transport : Uyuni-Potosi : 30b par personne, 4h, compagnie 12 de Juno

Courses en taxi : 15b pour deux de l’ancienne gare routière au centre ville

20b pour deux du centre ville à la nouvelle gare routière 

Hébergement : Hostel Maria Victoria, 115b pour une chambre double minuscule , sbd privée, petit déjeuner à 15b par personne chez la mamie d’à côté (les meilleurs œufs brouillés du monde) et bon wifi. 

Visites (guidées) :

Couvent Santa Teresa : 30b par personne, 20b pour l’appareil photo

Casa de la Moneda : 40b par personne, 20b pour l’appareil photo

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