Le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez

Jour 282 : Un très long trajet 

Nous voilà en route pour notre avant dernier pays, à savoir la Bolivie et la ville d’Uyuni. Pour une fois, nous avons un horaire correct pour le départ de notre bus (que nous allons regretter plus tard). On est sensé arriver vers 19h30 et vu notre allure, on se rend rapidement compte que la personne qui nous a vendu les tickets nous a menti. Le trajet est hyper long, 12h pour faire 600km, le passage de frontière se passe en revanche assez bien mais pour le reste c’est un peu l’angoisse. 

Il fait un froid de gueux dans le bus et malgré toutes nos couches, nous sommes gelés, on prend encore plus de retard que prévu car on doit s’arrêter pour récupérer des gens rescapés d’un accident de voiture, ça n’en finit pas et quand on arrive à 23h30, on se dit qu’on a été bien malins de réserver notre hébergement avant de quitter le Chili. 

Un monsieur pas bien réveillé nous accueille et nous installe. Nous sommes tellement épuisés et frigorifiés qu’on fait l’impasse sur tout (douche, repas, lavage de dents) et qu’on se couche sous un tas de couvertures des plus appréciables. 


Jour 283 : Uyuni

On voulait partir en expédition rapidement mais on doit se rendre à l’évidence, nous sommes épuisés et si on veut profiter correctement de l’excursion dans le Salar et le Sud Lipez, il va nous falloir du repos. La ville est ultra moche, ce qui nous déculpabilise de glandouiller. 

On prévient l’agence avec laquelle on s’était arrangé et comme tout est ok, on passe la journée à alterner entre siestes et vidéos sur l’ordi. On est un peu requinqués en fin de journée et on est bien contents d’avoir fait une petite pause après une grosse dizaine de jours très fatiguants. 


Jour 284-286 : Expédition dans le Salar d’Uyuni et le Sud de Lipez

On a opté pour un tour de 3 jours et 2 nuits dans le Sud de la Bolivie et vous ne trouverez aucunes informations originales ici, toutes les agences proposant EXACTEMENT les mêmes choses (hormis les tours privés, au dessus de nos moyens). 

Jour 1 : le Salar et l’Ile des Cactus

On se rend à l’agence et après une attente correcte, on charge le sac sur le toit du 4×4, et nous voilà partis. Nous sommes avec Rolando, notre chauffeur, Delphine et Steeve, un couple de trentenaires Suisses et Laura et Sasquia, deux copines Espagnoles d’une quarantaine d’années mais qui ont gardé leur âme d’adolescentes. Nous allons passer 3 jours tous ensemble, pour explorer le Sud Lipez et le très (ou trop) fameux Salar d’Uyuni. 

Notre première étape est très proche de la ville, le cimetière des trains d’Uyuni et c’est un petit choc quand on arrive. Des dizaines et des dizaines de 4×4 sont garés et une centaine de touristes fait les zouaves sur les carcasses de trains. Un peu échaudés (et cette sensation ne nous quittera pas de la journée), on va quand même faire un tour au milieu des trains hors d’usage et on doit avouer que c’est très photogénique, et visiblement toutes les instagrameuses du coin pensent la même chose. 

On repart et on rejoint le village de Colchani, le seul dont les habitants ont le droit d’exploiter le Salar. Vous voulez une histoire triste ? Le sel ne leur rapporte quasiment rien donc ils ont convertis l’une des rues de leur village en « marché à touristes ». Notre arrêt (accompagné de dizaines d’autres 4×4) a pour seul but de nous faire dépenser nos bolivianos, autant vous dire qu’on passe notre tour et qu’on est de plus en plus perplexes sur cette expédition. 

Le village est à la bordure du Salar et moins d’un quart d’heure plus tard, nous voilà à l’entrée du plus grand désert de sel du monde. Son existence est due à la tectonique des plaques. La Sud-Americaine s’enfonce sous la plaque de Nasca en formant la Cordillère des Andes et se faisant, elle a piégé un bout d’océan Pacifique dans les terres. Des millions d’années plus tard (après moult évaporation d’eau), on obtient un désert de sel de plus de 10000km2 pour une profondeur de 60m, pas mal quand même, non ? C’est aussi la moitié des réserves de lithium du monde (la zone entre Uyuni, Atacama et le Nord de l’Argentine), vous savez le lithium, c’est le truc qu’on utilise pour quasi tous les appareils électroniques.. On n’est pas devins, mais on se dit que quand ils vont commencer à exploiter cette ressource, le panorama va en prendre un sacré coup dans les lampions.

Après un premier arrêt en bordure du désert, on va voir le premier hôtel de sel construit dans le Salar (pratique arrêtée depuis). C’est assez surprenant à voir, il y a même un petit mémorial au Dakar qui est passé par là il y a quelques années. On mange sur place, toujours en compagnie des tonnes d’autres gens qui voyagent aussi et on a l’impression de faire partie d’un voyage organisé géant, à 200 personnes. 

On repart en début d’après midi pour notre dernière étape : la Isla Incahuasi ou l’île aux cactus.  Avant d’y arriver, on fait un petit arrêt au milieu du désert pour faire quelques unes des fameuses photos « perspectives » qu’absolument tout le monde fait dans le coin. C’est assez rigolo mais notre chauffeur n’a pas de petits dinosaures (certains en ont) et on ne peut pas organiser de combat épique avec notre licorne en peluche. 

Après cette pause, on arrive sur l’île. Elle date de l’époque où le Salar était recouvert par les eaux. Petit à petit, l’eau a disparu laissant émerger cette île recouverte de cactus. Elle offre un point de vue plutôt sympa sur le Salar et on voit aussi une énorme quantité de fossiles de coraux sur les rochers. 

C’était notre dernier arrêt de la journée, il nous reste encore un peu de route pour rejoindre le village de San Juan où nous dormirons dans un hôtel de sel. 

Cette première journée nous laisse un sentiment extrêmement mitigé, pour tout vous dire on a été un peu déçus. La quantité de touristes présents absolument partout, le comportement de certains, le fait qu’on ait déjà vu des milliers de photos du Salar nous ont un peu gâché notre plaisir. On attend de voir la suite pour vous donner notre avis définitif sur cette expérience. 

Jour 2 : Le désert de Siloli et les flamants roses

Notre nuit dans l’hôtel de sel pas chauffé s’est finalement bien passée et après un petit dej pas foufou, nous revoilà partis à l’aventure. On repart sur des pistes que notre chauffeur négocie comme un pilote du Dakar (et c’est pas peu dire vu l’état du bordel) et on fait notre premier arrêt pour observer le volcan Ollagüe. Le panorama est très sympa et il y a beaucoup moins de voiture que la veille, ce qui n’est pas désagréable (mais qui ne va pas durer). 

On traverse le désert de Siloli, avec beaucoup de très jolis panorama et on file ensuite vers les joyaux andins, une série de lagunes qui sert de maison à un très grand nombre de flamants roses. Comparé aux 4-5 qui s’étaient perdus à Atacama, on a enfin droit à une vraie colonie. On fait plusieurs arrêts aux différentes lagunes, certaines plus jolies que d’autres et on finit par s’arrêter pour déjeuner au bord d’un de lacs, plutôt sympa comme panorama. 

On continue notre périple au Sud et plus ça va plus on se rapproche du Chili. On fait notre entrée dans la Réserve Nationale Eduardo Avaroa où l’on va voir une quantité indécente d’animaux différents. Notre première rencontre est avec un renard, sur le parking de l’Arbre en Pierre. 

Deux choses à propos de ça : l’Arbre en Pierre est une formation géologique au milieu du désert, assez surprenante et sans la quantité folle d’autres 4×4 sur place, on aurait pu en profiter un peu plus. On hallucine une nouvelle fois du caractère narcissique de nos congénères, un selfie a droite, un selfie a gauche, la plupart ne regarde même pas le paysage mais fait juste des photos pour se montrer. 

L’autre chose c’est que cette folie du selfie entraîne des comportements complètement cons (désolé on a pas trouvé d’autres mots) comme de vouloir se prendre en photo avec un renard un peu apeuré au milieu des voitures. En règle générale, on râle dans notre coin et on ne dit rien mais là on n’a pas pu s’empêcher de traiter un mec d’abruti quand il est passé à 5cm de se faire mordre par la bête, qui rappelons le, peut transmettre la rage. On le traite de con et on lui explique qu’il est inconscient et 3 minutes après il se fait pourrir par son chauffeur-guide. Bref, parfois, on a un peu honte d’être associés à ce genre d’énergumènes. 

Après ce passage qui nous a bien tendus, on rejoint la Laguna Colorada, en passant par un canyon qui suit le lit d’une rivière et on fait un mini stop pour découvrir la nourriture préféré des renards (et non, ils ne se nourrissent pas de touristes imprudents) : les Viscañas. Ce sont les lapins les plus moches qu’on ait jamais vus, un mélange de lapin-marmotte-écureuil hyper vilains. On en voit plusieurs dans le canyon et on rejoint enfin notre dernier arrêt du jour : la fameuse Lagune colorée, aux eaux rouges.

On fait un tour pour les différents points de vue, on reprend notre dose de flamants roses (et de lamas !) et on repart en direction de notre « hôtel » du soir. Pourquoi des guillemets ? Parce que c’est un ancien baraquement de travailleurs, qu’il n’est absolument pas chauffé, que nous sommes à 4300m d’altitude et qu’on sent qu’on va se peler. On boit un petit maté de coca (pour gérer l’altitude et se réchauffer), on dine et après, au lit !

Jour 3 : Geysers, gros cailloux et retour

Rolando nous fait une sale blague et nous annonce l’horaire du petit déjeuner pour 4h30, on est sages, on se lève à 4h après ce qui a été notre nuit la plus froide (de la vie). Pour vous donner une idée, on a dormi avec deux couches de vêtements en haut et en bas, un duvet et 3 épaisses couvertures et ça a été juste au niveau de la température. A notre réveil, les fenêtres sont recouvertes de gel, à l’intérieur ! 

Rolando a donc merdé puisque le petit déjeuner n’est qu’à 5h et qu’on aurait bien aimé profiter de quelques dizaines de minutes de plus au chaud sous les couettes. On part aux alentours de 6h en direction des geysers les plus hauts du coin (4950m quand même) et vu les horaires et l’altitude, on se gèle dans les grandes largeurs (-10° au thermomètre). On s’arrête d’abord à un « faux geyser à touristes » où certains se prennent en photo, la main dans la vapeur et on va ensuite voir les vrais geysers. Pourquoi un faux geyser ? Parce que certains touristes (probablement des prix Nobel) se sont brûlés les mains en les mettant au dessus des vrais geysers, avec de la vapeur autour de 85/90°C (on est en altitude, d’où le delta par rapport au niveau 0). 

On vous avoue que le froid et la fatigue (et le fait qu’on a fait quasi la même chose y’a moins de 5 jours côté Chilien) nous font rentrer dans le 4×4 assez rapidement. 

Le soleil se lève tranquillement, on commence à retrouver l’usage de nos orteils (appelés ce matin « petits blocs de glace ») et on traverse un superbe panorama : le désert de Dali. Baptisé en l’honneur du peintre, qui y serait venu pour s’inspirer du paysage pour certains tableaux, on doit reconnaître que les couleurs ne nous sont pas étrangères. Les montagnes sont très belles et on profite de cet arrêt pour se chauffer les miches au soleil. 

On se rend ensuite à la Laguna Verde (moyennement verte) et la Blanca sa voisine (moyennement blanche). Elles sont au pied du volcan Licancabur dont on a vu l’autre face côté chilien, il sert de frontière entre les deux pays. Sur le chemin de l’aller et du retour on fait un arrêt aux eaux thermales mais aucun d’entre nous n’est assez courageux pour enlever ne serait-ce que son bonnet, alors se mettre en maillot pour se baigner… vous vous doutez bien qu’on a passé notre tour. 

Commence alors une alternance de sieste et de moments a peu près éveillés pour nous tous, sauf notre chauffeur bien sûr, pendant lesquels on remonte tranquillement vers Uyuni. On fera encore deux arrêts en route (parmi nos préférés du trip), un au niveau d’une formation rocheuse qui nous rappelle des paysages qu’on connaît bien et où on profite de 5-7minutes tout seuls avant l’arrivée de la cavalerie et l’autre où sera seuls tout le long (HALLELUYA), une sorte de mini Grand Canyon avec rivière qui serpente en contrebas. 

On arrive à Uyuni vers 17h et on récupère nos affaires pour prendre le bus (encore de la route, youpi), et rejoindre Potosi. Flabia (la responsable de l’agence avec laquelle on a fait le trip) est un amour et achète nos tickets puis appelle notre hôtel de Potosi pour les prévenir de notre arrivée tardive, le bonheur !


Bilan de notre trip dans le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez

Vous l’avez compris, nous sommes quelques peu mitigés, on a bien aimé ce qu’on a vu mais il nous a manqué l’effet « Waouh » dont tout le monde nous avait parlé. On a été hyper déçus par le côté tourisme de masse avec parfois plus de 30 voitures au même endroit (à 6 passagers par voiture, faites le calcul). Les paysages étaient sympas mais comme ça fait à peu près 10 jours qu’on est sur l’Altiplato, on n’a pas pu s’empêcher de comparer avec les paysages précédents, souvent à leur avantage. 

Pour profiter du tour en étant un peu plus tranquille, on vous conseille de tenter un tour privé, plus cher mais que vous pouvez faire en sens inverse et, avec un peu de bol, éviter le gros de la foule. 


🔍 Les infos pratiques des Petits Pédestres 🔎

Transport : Bus S.P. De Atacama – Uyuni : 12000$CH par personne, 12h, compagnie Cruz del Norte (pas de repas, prévoyez des provisions). 

Hébergement : Beliz Inn BnB, 144b pour une chambre double, sbd partagée, petit déjeune inclus, cuisine sommaire et bon wifi. 

Excursion : Réservé avec l’agence Incahuasi Expedicions, contact Flabia qui parle un français parfait. Attention au choix de l’agence tout de même, quelques jours avant notre excursion, un accident a coûté la vie à 3 personnes.

950b par personne pour les 3 jours 2 nuits, chauffeur/guide, hébergement en dortoir (attention, confort très sommaire !), repas et boissons inclus. +100b par personne pour le prêt d’un duvet 

Sachez qu’il faut payer les douches en suppléments, les toilettes dans la région sont aussi payantes (3 à 5b, pas toujours propre)

Entrées à payer en plus : 

Isla Incahuasi 30b par personne (toilettes gratuites avec le ticket), 

Réserve Nationale Eduardo Avaroa 150b par personne 

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