Mendoza, ses vins et son Aconcagua

Jour 256 : On reprend le bus !

Quand on aime, on ne compte pas, et quand on n’aime pas mais qu’on n’a pas le choix non plus. Nous revoilà partis pour un long trajet en bus, de 19h cette fois ci, pour rejoindre Mendoza.

On prend le bus à 13h pour arriver le lendemain à 9h du matin, tout notre matériel électronique est chargé, on est en survêtement pour le confort (pour le côté glamour on repassera) et c’est parti.

On hallucine de la qualité du bus. On a choisi la classe semi-cama, moins chère et moins confortable mais là … on est sans voix. Seulement 3 sièges par rangées, plein de place, sièges en cuir hyper larges, prises usb pour faire charger ce qu’on aura utilisé. Le bonheur.

Pour vous donner une idée, ça ressemble aux sièges de Buisness Class dans les avions, en un peu plus petit.

Comme d’habitude, on s’occupe entre lecture (en ce moment Le Seigneur des Anneaux pour Pauline et One Piece pour Simon), films et siestes. Pas grand chose à signaler à part que Simon nous a fait rater une bouteille de vin cadeau !

Hein ? Comment ? Et oui, l’hôtesse de l’air du bus nous propose un petit bingo, sauf qu’avec son débit de parole et son accent on comprenait « aldimbo » (ce qui ne veut rien dire) au lieu de « al bingo » et Simon a décliné. Pourquoi on aurait gagné ? Parce que Pauline a une chance insolente dans ce genre de situation : jeux à gratter, tombola, loto.. c’est souvent pour elle (demandez à sa sœur si vous ne la croyez pas).

C’est pas bien grave et ça nous a fait marrer de les entendre faire, ça nous aura occupés un petit moment sur le trajet.


Jour 257 : Balade dans Mendoza

On est un peu mort du bus, les longs trajets ça fatigue vraiment beaucoup, mais comme on peut se poser tout de suite à notre Airbnb, on se débarrasse des sacs et on va faire une petite balade dans la ville. Déjà à Bariloche, on avait l’impression d’être dans une « vraie ville » mais là c’est encore plus flagrant. On se croirait presque à Lyon. Il y a des grandes rues, des places, des petits resto avec terrasse, hormis les affiches en espagnol, on pourrait être à la maison.

Le centre ville est construit autour de la Plaza Indepencia qui malheureusement est en travaux, donc pas très belle. Une fois n’est pas coutume, il ne fait pas très beau, c’est le thème de notre séjour argentin pour le moment, mais heureusement on se pèle un peu moins qu’avant. Mais bon à force de remonter vers le Nord, c’est un peu normal.

On va voir les 4 petites places autour de la principale et… on retourne à la gare routière. Non, on ne remonte pas dans un bus pour ailleurs, on a quand même nos limites en terme de rapport trajet/temps sur place mais on achète nos billets pour le lendemain car on a une petite expédition de prévue.

Après ça, on alterne entre balade et retour au Airbnb pour le goûter et une session sieste parce que la fatigue pèse un peu.


Jour 258 : Les Petits Pédestres au Far West

Grosse expédition de prévue pour cette journée : on part voir l’Aconcagua. Mais qu’est que c’est ? Le plus haut sommet d’Amérique du Sud, la plus haute montagne hors de la chaîne himalayenne, ça vaut bien le coup de se lever avant 5h (oui, vous avez bien lu) et de faire 4h de bus (oui, vous avez bien lu).

On finit notre nuit pendant le trajet et après 4h de route et 2000m de dénivelé nous passons le village de Puente del Inca pour rejoindre le Parc Régional de l’Aconcagua. Déjà sur la fin du trajet on a noté un gros changement dans les paysages dont on avait l’habitude jusque là, nous sommes près de la frontière chilienne et tout est quasiment lunaire. Des énormes montagnes très sèches avec des dégradés de couleur qui vont du rouge au vert, on est conquis.

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L’autre énorme point positif c’est qu’il fait ultra beau, ça doit faire plus de 3 semaines qu’on a pu vu un ciel aussi bleu sans nuage, par contre comme on est à 2700m d’altitude, les températures sont négatives (on ne peut pas tout avoir mais Dieu sait si on aimerait).

On part faire une petite balade dans le parc (une grande partie des sentiers sont fermés) et de toute façon on n’avait pas prévu de partir à l’assaut d’un sommet de près 7000m (pour info il faut 10 à 15 jours pour monter dessus et le permis est à plus de 600$US, et on n’est pas des alpinistes).

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On va donc jusqu’à Mirador Los Horcones, à plus de 3000m d’altitude, et on profite de la vue sur la face Sud de la plus haute montagne qu’on ait vu de nos vies.

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On vous rassure, on a pas fait 4h de bus (et il faudra rentrer donc 8) pour se balader 1h30, il y a d’autres choses à voir dans le coin et ça tombe bien ! On commence par rejoindre la ville de Puente del Inca mais pas par la route. Il y a une ancienne voie ferrée désaffectée qui la longe et on décide d’aller s’aventurer dessus. Et on a bien fait ! C’est très sympa de se balader comme ça, dans le paysage aride, il ne manque que l’harmonica d’Ennio Moricone et des cowboys pour que le tableau soit complet.

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On picnic dans le coin et sur le chemin, on aperçoit une petite curiosité (bon on savait qu’elle était là parce qu’on l’avait vu sur un autre blog), un bus abandonné et décoré. C’est malgré tout assez surprenant dans le décor et l’occasion d’une petite pause clopes photo.

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Nous sommes tout près d’arriver à la ville mais, léger problème, les rails passent par dessus une rivière et il n’y a pas vraiment d’endroit où passer prudemment, on n’a pas spécialement envie de mourir donc on finit notre balade en prenant la route pour rejoindre Puente del Inca.

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Il vous faut savoir que la Route des Incas venait jusque là et que cette ville a une particularité assez surprenante, un pont naturel spectaculaire creusé dans la roche par l’érosion et la salinité de la rivière. Il y a des sources chaudes dans le coin et des thermes y ont été construits (puis abandonnés). La aussi les couleurs sont hallucinantes, on suspecte qu’il y’a deux trois autres trucs dans l’eau pour donner cet aspect là quand même.

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Après cette petite pause, et comme il nous reste encore pas mal de temps avant l’heure du bus retour, on va voir un ancien cimetière pas loin de la ville. Ça casse pas trois pattes à un canard mais ça a le mérite de nous faire profiter du beau temps de la journée.

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On finit cette escapade au Far West avec un petit verre en terrasse, au soleil, au milieu de tout un tas d’échoppes de souvenirs, tous plus vilains les uns que les autres. Le trajet retour est un peu long et on arrive bien fatigué à près de 21h à Mendoza.


Jour 259 : Re-balade dans Mendoza

(On n’a de moins en moins d’idées pour les titres)

Ce matin, c’est « grasse mat », on se lève vers 8h quoi, et glandouille. OUI, on aime bien glandouiller, on voit pas où est le problème !

On sort pour aller manger et après une tentative infructueuse au Mercado Central (parce que quelqu’un n’arrivait pas à choisir), on galère un peu pour trouver où manger. On a un peu eu notre compte de sandwichs et d’empenadas donc on opte pour des choix un peu différents, rien de bien fou.

On va ensuite se balader dans le Parc de la Tête d’or, ah ben non, on n’est pas à Lyon mais on vous jure ça ressemble beaucoup. On va se balader dans le Parc Général San Martin. C’est la première fois depuis Rapa Nui qu’on fait tomber les grosses vestes pour se balader juste en pull et Mon Dieu que ça fait du bien !

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On flâne jusqu’à ce qu’on en ait un peu marre et qu’on rentre au Airbnb.

Pour une fois ce n’est pas la fin du récit pour la journée, on ne pouvait pas aller en Argentine sans manger de la vraie bonne viande et on s’offre un petit plaisir pour le soir. On a choisi un restaurant, un vrai et on a tellement bien mangé ! De la super viande et du vin de compet, et comme on était en mode « gros » on a même agrémenté le tout d’un dessert, le bonheur !


Jour 260 : Les vignobles de Mendoza

Le vin, on aime ça, on vous l’a déjà dit non ? Et on ne pouvait évidemment pas quitter Mendoza sans aller visiter un vignoble (ou deux) et goûter un vin (ou 25…).

On teste une des fonctionnalités d’Airbnb que nous n’avions jamais essayé : le « Airbnb Expérience ». En gros ce sont des gens qui proposent de vous faire découvrir leur passion ou leur ville ou un peu tout ce qu’il est possible de découvrir dans une région donnée. Et c’est comme ça qu’on a découvert Martin de la Bodega Luminis.

Si vous êtes dans la région, foncez visiter ce vignoble, Martin est un passionné, on a pu goûter près de 20 vins différents grâce à lui et en apprendre beaucoup sur la culture du vin en Argentine.

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Petite histoire du vin Argentin :

C’est une exploitation assez récente, depuis les années 60 en gros et pendant un grand moment, les argentins produisaient et consommaient leur vin localement, il n’y avait que très peu d’exportation. Du coup, il faisait du vin pourri mais sans le savoir, ils voulaient du vin, ils avaient des vignes et ils ne cherchaient pas vraiment plus loin.

Après une crise économique dans les années 80, ils se sont dit « tiens, on va aller vendre à l’étranger, ça nous ferra plus de pognon » mais vu que leur vin était daubé, ça n’a pas été un franc succès. Et c’est la que c’est opéré le changement des pratiques chez les vignerons, dans les années 90, au lieu de faire de la quantité, ils ont essayé de faire de la qualité.

C’est donc un changement assez récent et certaines pratiques ont la vie dure.

De ce que Martin nous a expliqué, il faut bien comprendre que faire pousser de la vigne et faire du vin ne sont pas de choses forcément liées en Argentine. On est loin des domaines français qui se transmettent de génération en génération avec des petites parcelles.

Ici, certains vignerons produisent des grappes qui sont ensuite vendues à des grands groupes qui se chargent d’en faire du vin. Ce ne sont pas les pratiques de Luminis qui n’achète ni ne vend du raisin et s’occupe de sa production localement.

Vous en savez donc un peu plus sur le contexte socio-économique du vin en Argentine. Au niveau du fonctionnement des exploitations il y a quelques différences notables qui nous ont fait rire.

Déjà les vignes sont orientées au Nord, rapport à l’ensoleillement et à tout ce qui est photosynthèse (hémisphère sud oblige) et l’autre particularité c’est que les vignes sont irriguées.

Le plateau de Mendoza est extrêmement sec et il ne pleut quasiment jamais, il fallait donc une petite technique d’arrosage pour pouvoir faire pousser des trucs.

La solution vient des montagnes environnantes avec un réseau de canaux et de barrages qui permettent d’irriguer la vallée. Là où c’est rigolo c’est que chaque parcelle a son mini barrage privé et environ une fois par semaine c’est son tour d’avoir de l’eau, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. Le « gardien de la porte » du barrage se pointe, ouvre la petite trappe et l’eau afflue, c’est bien fichu non ? Ça demande quand même une belle organisation et une sacrée détermination pour faire les choses proprement, surtout quand il se pointe à 1h du mat.

Après avoir reçu toutes ses explications de Martin, on passe à la dégustation au milieu des cuves en métal du domaine. On n’avait jamais goûté des vins aussi jeunes et surtout des vins qui n’étaient pas passés par la case « fut en chêne », c’était donc une dégustation pleine de surprise.

Le cépage le plus connu d’Argentine est le Malbec mais contrairement à ce qu’on croit en France, il y a beaucoup d’arômes différents en fonction de la localisation des parcelles, petite préférence pour nous à la Valle de Uco et à la Lujan de Cuyo qui nous ont bien plu.

Le domaine a aussi la particularité de produire un cépage qui a presque disparu : le St Jeannet, du vin blanc avec un goût de pêche assez hallucinant. L’origine de cette vigne se trouve (bien sur) en France dans le Sud.

Après nos nombreuses dégustations et qui dit dégustation, dit on crache parce que sinon on aurait roulé jusqu’à la ville pour rentrer, on va voir une autre Bodega, la Carinae, propriété de deux français expatriés depuis près de 30ans en Argentine.

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La visite est beaucoup moins enrichissante que celle de Luminis (en même temps elle dure 5/10min au lieu de plus d’une heure) mais la dégustation est sympa. On apprécie particulièrement un vin blanc sucré appelé Passito de Los Andes, très doux mais pas sirupeux, et très fruité. La Bodega produit aussi de l’huile d’olive et comme on a été sages on a droit à une petite tranchette de pain avec une très bonne huile, en régal vu qu’on n’a pas mangé grand chose et qu’il est presque 14h.

Après tout ça, et comme on a quand même bu certains des vins, on rentre à Mendoza pour manger et passer l’après-midi au calme avant notre bus de nuit (encore).


Bilan de Mendoza

Une étape très sympa où nous aurions facilement pu rester très longtemps tant la vie y est agréable. On a adoré notre excursion à l’Aconcagua et notre journée dans les vignes. Mendoza est une ville très agréable avec plein de possibilité de belles choses à voir, un incontournable pour nous.


🔍 Les infos pratiques des Petits Pédestres 🔎

Petite info importante concernant les tarifs. Le peso argentin (ARS) s’est effondré ces dernières années, lors de notre voyage, le taux est d’1€ pour 50 ARS environ. L’inflation étant énorme, il est probable que nos informations soient obsolètes assez rapidement.

Transport :

Bus Bariloche-Mendoza : 2000 ARS /personne en semi cama, 19h, compagnie Andesmar

Bus pour Puente del Inca : 490 ARS /personne aller retour, 4h, compagnie Buttini

Transport en ville : environs 60-80 ARS la course de taxi entre la gare et la Plaza Independenca

Hébergement :

Airbnb à 850 ARS la nuit pour une chambre avec cuisine, salle de bain partagée, super wifi et petit déjeuner (pas fou) inclus

Restaurant :

Cordillera Vinos y Fuegos, Repas pour 2 pers plat + dessert + bouteille de vin, environ 2000 ARS

Visites :

Parc Régional Aconcagua : 200 ARS /personne (attention, surveillance très importante des resquilleurs)

Visite des vignobles : Bodega Luminis : 775 ARS /personne

                                     Carinae : 350 ARS /personne pour la visite et la dégustation de 5 vins

Petite organisation avec les transports (ou « chauffeur privé ») : 1800 ARS pour la journée (on avait la flemme de galérer, on avoue).

Sachez que les tours organisés sont extrêmement chers et qu’il vaut mieux vous débrouiller tout seul, location de vélo possible dans le coin mais la route entre Mendoza et Maipu n’est pas très marrante.

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