Rapa Nui, un peu d’Histoire

Rapa Nui ou Île de Pâques ? Et comment ils ont fait pour s’installer sur une ile minuscule au milieu du Pacifique les gens ? Et d’ailleurs ils servent à quoi les Moais ? Comment ils les ont transportés vu leur taille ?

C’est le genre de questions qu’on se posait avant de venir et on a trouvé quelques réponses. Voilà un petit résumé de ce qu’on a retenu de l’histoire de l’ile et de la signification des Moais.

 

       Les origines de l’île

Elle est née grâce aux éruptions successives de 3 volcans, on n’oublie pas qu’on est dans une zone à forte activité sismique hein, c’est plutôt un coin où y’a pas mal d’îles et d’atolls volcaniques le Pacifique. La première éruption date d’il y a 3 millions d’années, la dernière 300000 ans.

Les bandes de terre on finit par se rejoindre pour donner l’île telle qu’on la connait, avec sa forme triangulaire assez particulière.

 

       La colonisation de l’île

L’ile fait partie de la Polynésie, la zone située entre la Nouvelle-Zélande à l’Ouest, Hawai au Nord et Rapa Nui à l’Est, ça fait un gros triangle qui englobe les Samoa, les Tonga, Tahiti, les îles Cook ou encore les îles Marquises.

Toutes ces îles appartiennent à la Polynésie car tous leurs habitants descendent globalement des mêmes peuples colonisateurs venant des Tonga et des Samoas. Attention quand on dit « colonisateurs » on ne parle pas des mecs qui viennent et qui tuent ceux qui sont là pour prendre leur place mais plutôt « d’explorateurs » qui s’installent sur des territoires vierges.

On n’a pas de date précise mais l’arrivée des premiers hommes sur ce morceau de terre se serait faite entre le VIIIe et le XIIe siècle de notre ère ! Et oui c’est plutôt récent finalement, à peine plus tard que pour la Nouvelle-Zélande (entre VIIIe et Xe siècle).

Il existe une théorie qui dit que l’ile a été découverte par le roi Hotu Matu’a, arrivé de l’ile de Hiva sur sa double pirogue. Lui et ses hommes auraient accostés sur la plage d’Anakena et ils seraient les ancêtres des Pascuans (ou Rapanuistes comme on aime les appeler).

Il faut bien comprendre que la première île habitée est située à plus de 2000km des côtes et que les explorations se faisaient sur des pirogues, certes très bien aménagée, mais affronter les eaux du Pacifique sans savoir si on trouverait une terre hospitalière devait être une sacrée aventure. Même si les peuples de la Polynésie étaient de fins navigateurs, Hotu Matu’a et ses potes étaient plutôt bons.

Rapa Nui est le nom Polynésien, Île de Pâques le nom donné par Jacob Roggeveen qui y a accosté un dimanche de Pâques (pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple). Bon le mec, un néerlandais, cherchait la Terre Australe, on ne veut pas critiquer mais il était pas hyper doué visiblement.

 

       Les croyances de Rapa Nui

Pour comprendre la signification et le rôle des Moais, il faut comprendre un peu l’organisation de la société des descendants d’Hotu Matu’a et les croyances Polynésiennes.

À l’origine, le culte le plus important sur Rapa Nui était sans doute le culte des ancêtres. On pensait que l’énergie spirituelle ou mana des figures importantes de la tribu persistait après leur mort et les Moais ont donc été érigés en guise d’hommage. Ils veillaient sur leurs descendants et leur apportaient prospérité.

Les tribus vivaient dans différents endroits de l’ile, proche des côtes. Entre le XVe et XVIIIe, la population est en constante augmentation et la folie des grandeurs dans la construction des Moais ont entrainé un manque de ressources. S’en sont suivis des affrontements entre les 12 clans de l’ile. On a donc trouvé beaucoup de Moais renversés sur l’ile probablement pour empêcher le mana des ancêtres de la tribu ennemi de perdurer. La puissance des Moais et leur statut a fatalement décliné et leur culture c’est peu à peu éteint.

Et pile à ce moment, c’est le culte de Make-Make qui a eu la côte et par la même occasion, a conduit à une nouvelle organisation de la société sur l’ile. Make-Make, le Dieu des Dieux, s’est imposé comme « plus puissant » que le pouvoir des Moais et le culte du Tangata Manu ou l’Homme-Oiseau s’est développé. Il s’agissait d’un cycle annuel d’activités qui trouvait son apogée à l’élection du Tangata Manu, le nouveau chef de l’île. Le lieu le plus important de ces cérémonies était le village d’Orongo, le seul village dédié uniquement à un usage cérémoniel.

De nombreuses gravures rupestres et peintures rupestres y ont été retrouvée, tout comme le Moai du Tangata Manu, fait de basalte, le seul de l’île, et gravé dans le dos (il se trouve aujourd’hui au British Museum, des explorateurs britanniques l’ont trouvé plutôt stylé et l’ont ramené à la maison, normal).

La « compétition » pour l’élection du Tangata Manu était assez simple (en théorie). Les prétendants, les chefs des différentes tribus ou leurs représentants se jetaient à l’eau pour rejoindre l’ilot de Moto Nui et se lançaient à la recherche d’un oeuf de Manutara qui venait nicher là à partir du printemps. Le premier à trouver était choisi comme chef (ou son propre chef s’il était un représentant). Une sorte de Koh Lanta local (avec option requin dans l’eau quand même).

Le nouveau chef était considéré comme sacré, tapu, et vivait reclus pendant une année. La dernière cérémonie a eu lieu en 1867.

 

       Les Ahus

Les Ahu sont des lieux de culte Polynésiens qui se trouvent sur une grande partie des îles avec de noms différents (Heiau à Hawaï, Marae à Tahiti par exemple). Ils comportent tous la même architecture de base, à l’exception donc des Moais qu’on ne trouve qu’à Rapa Nui.

La plateforme centrale était considérée comme le lieu le plus sacré de l’Ahu et supportait les Moais. Les Ahu étaient situés près des villages et les Moais veillaient sur leurs descendants, dos à la mer. Seuls les Moais de Ahu Akivi sont tournés face à l’océan pour des raisons astronomiques, lors des équinoxes, ils sont dans l’axe du soleil couchant.

 

       La fabrication des Moais

La taille des corps avait lieu dans la carrière de Rano Raraku, celle des pukao dans celle de Puna Pau. Ils étaient ensuite transporté jusqu’à leur Ahu, assemblés et érigés (ou dans l’autre sens).

La logique aurait voulu, comme souvent dans le cas de sculpture que des gros bloc de tuf (la roche dont sont composés les Moais) soient découpés puis transportés pour être taillés. Mais non ! La technique est complètement différente, et bien moins pratique à nos yeux.

La taille était faite à même les flancs du volcan. Le Moai était délimité dans la roche puis la face antérieur était taillée, le visage, les corps, les mains, tout hormis les yeux (on y reviendra). Une fois la partie avant terminée, la statue était détachée de la roche en taillant des saillies dans son dos. Elle était acheminée en bas de la pente au moyen de cordes et de rondins de bois et rejoignait un trou creusé au préalable où elle était redressée. La taille du dos y était effectuée et les diverses gravures ajoutées (si besoin).

On estime qu’il fallait jusqu’à deux ans pour tailler les plus grands Moais, à plusieurs sculpteurs.

Et leur yeux ? Et oui, certains Moais ont des cavités pour les yeux mais leurs orbites restent vides (à une exception près).

Un oeil a été retrouvé, fait de corail et de scorie. On ne sait pas ce qu’il est advenu des autres, en revanche, la découverte de cet oeil à permis d’élaborer des hypothèses sur le culte des Moais. Il est probable que les yeux n’aient été placés qu’une fois les statues acheminées à leur Ahu (ce sont les seules avec des cavités pour les yeux). D’après les experts (et nous on croit les experts), leur mise en place sur le visage des statues étaient probablement l’un des moments les plus sacré du culte.

L’ile a compté 887 Moais dont 288 on été transportées et érigées sur un Ahu. Les autres sont soit resté à Rano Raraku, soit en cours de transport vers un Ahu et donc un peu au milieu du chemin.

 

       Le transport

Une fois le Moai terminé et donc redressé au pied du volcan, il devait être acheminé vers un Ahu. 

On ne sait pas comment les Moais ont été transporté, parfois sur plus de 10km de la carrière de Rano Raraku à leur Ahu respectifs. Faut dire que c’est des machins qui ont 500 ans, c’est de la transmission orale, bref c’est le merdier notoire.

Le peu de témoignages recueillit fait référence au mana et donc à des forces surnaturelles. On aime bien le folklore, les pluies de pierres et autres explications à la mord moi le noeud mais ça nous parait peu probable.

On n’est pas les seuls à douter puisqu’un bon nombre de scientifiques se sont penchés sur la/les méthodes de transports et chacun avance sa petite théorie. Point important, pour prouver qu’ils avaient raison, toutes ses théories ont été testées et elles fonctionnent !

On a, au choix, une théorie qui dit que le Moai était posé sur des rondins de bois, debout ou couché, avec des kiki qui tiraient dessus pour le faire avancer. Une autre suppose qu’on faisait « marcher » le Moai, debout, en soulevant un coté puis l’autre, on imagine pas la tannée.

Une fois arrivé sur l’Ahu (comment, on ne saura probablement jamais), la théorie veut que pour placer la statue sur la plateforme, des gravas étaient amoncelés devant, la statue en appui dessus jusqu’à ce qu’elle se tienne droite.

Il existe deux hypothèses concernant les pukao, soit ils étaient placés sur la tête des Moais avant que ceux-ci soient placés sur l’ahu, soit ils étaient placés ensuite, en roulant sur la pente de gravas jusqu’à la tête des Moais.

 

Voilà, vous en savez (presque) autant que nous sur Rapa Nui et ses Moais mystiques, pour en savoir plus, pas beaucoup de solutions, à vous de vous déplacer jusqu’à ce minuscule morceau de terre au milieu du Pacifique !

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